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L'ADOPTION EN DOUCE  
Auteur: Patricia Germain, infirmière
Source : Extrait de l'enfant adopté dans le monde en quinze chapitres et demi
Éditeur : Éditions de l'hôpital Sainte Justine
Date/pages : 2003

Par un heureux ou malheureux hasard, des travailleurs humanitaires se découvrent un problème de fertilité lors de leur séjour en terre étrangère et décident alors de profiter de leur présence pour entreprendre sur place des démarches d’adoption qui seront sans doute semées d’embûches.  Leur connaissance du pays, le temps dont ils disposent, les contacts qu’ils ont ainsi que leur compréhension de la culture, tout cela les place dans une situation privilégiée par rapport aux parents en attente d’adoption et n’ayant jamais séjourné dans le pays d’origine de leur enfant.  L’enfant peut alors vivre une transition plus douce, grâce à une adaptation sur place pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, ainsi que le retour à la maison par la suite.

 

Mais plus souvent qu’autrement, l’infertilité n’est pas le premier motif d’adoption chez les travailleurs à l’étranger.  Les témoignages recueillis parlent plutôt d’une idée qui s’impose d’elle-même, au fur et à mesure des liens qui se tissent avec les gens, leur culture et leurs réalités.  La motivation de départ est souvent plus altruiste, comme une sorte de prolongement de l’engagement social, du choix de vie.  Les parents coopérants connaissent mieux que tout autre le sort réservé aux enfants sans famille.  Dans certains pays, ne pas avoir de famille, c’est non seulement ne pas avoir de moyens de subsistances mais aussi ne pas avoir d’identité, de statut, de personnalité ou d’importance sociale.

 

Néanmoins, ces parents se sentent parfois pris en otage dans des situations où le statut d’adoptabilité de l’enfant reste imprécis :  par exemple, la cuisinière qui désire que son fils aille à l’école en France ou au Canada, et qui est prête à signer les papiers d’adoption ; cet enfant de la rue avec lequel le coopérant a tissé des liens dans le cadre de son travail ; la nièce de l’autre qui se retrouve enceinte et  qui subit des pressions familiales pour confier bébé à l’adoption par la femme blanche.  Autant de situations uniques et difficiles qui peuvent créer de belles histoires d’amour ou des lendemains de désillusion pour les parents qui ne désiraient pas toujours profondément devenir papa et maman, et qui reviennent maintenant dans leur patrie, leur chez eux, mais dans un tout autre contexte.

 

 


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