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VOUS RÉSISTEZ À LA COMPARAISON ?  
Auteur: Johanne Lemieux , travailleuse sociale
Source : L’enfant adopté dans le monde en quinze chapitres et demi
Éditeur : Les publications de l’Hôpital Ste-Justine
Date/pages : 2003

L’hyperactivité avec ou sans déficit de l’attention est un véritable problème qui cause de véritables souffrances dans la population d’enfants en général, et chez les adoptés en particulier. La prévalence de ce problème neurologique dans la population d’enfants d'âge scolaire et d’adolescents est de 5 à 6 %. Mais plusieurs auteurs s’accordent pour constater que la fréquence du problème serait de 2 à 4 fois plus grande chez les enfants adoptés. C’est beaucoup, cela fait presque un enfant venu de l’international sur cinq !

Les raisons capables d’éventuellement expliquer la présence accrue des TDA/H en adoption internationale sont complexes parce que probablement attribuables à de multiples facteurs pour lesquels l’histoire antérieure est souvent manquante. Des hypothèses génétiques avec certains facteurs contributifs dont l’hérédité et le sexe masculin, le retard de croissance intra-utérin, les infections congénitales, l’usage de tabac, de cocaïne et même la contamination au plomb durant la grossesse, le syndrome de l’alcoolisation fœtale certainement, l’anoxie périnatale, les traumatismes crâniens, la malnutrition prolongée, les méningites, les carences psychoaffectives et l’encadrement insuffisant contribuent tous, un peu ou beaucoup selon les enfants, à expliquer les causes favorisantes des TDA/H Nous en profitons pour souligner à nouveau l’extrême ressemblance dans l’évolution de certains enfants adoptés avec le cursus des enfants de petit poids de naissance avec qui ils partagent des antécédents apparentés

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Aucun médicament ne devrait être administré à un enfant avant une investigation complète du problème. C’est vrai pour le TDA/H, autant que pour le diabète. Pour diagnostiquer le diabète, il y a un protocole, ainsi, et de la même manière, il existe aussi un protocole pour diagnostiquer un TDA/H. N’est pas hyperactif celui qui challenge le professeur ou qui s’étiole devant le médecin de famille. C’est la prescription poussée du bout du crayon, sans évaluation complète préalable, qui a donné mauvaise presse à ce méthylphénidate et au TDAH en général. Un diagnostic n’a pas à être approximatif, un traitement ne doit pas être exclusivement pharmacologique. On ne contrôle pas non plus un diabète avec la seule insuline. Un jeune diabétique devra faire attention à son alimentation, faire du sport, avoir une bonne hygiène de vie et ses parents, présents et disponibles, devront développer de nouvelles habilités pour le soigner. C’est exactement la même chose pour un enfant souffrant d’un TDA/H. Ses parents devront apprendre et appliquer des méthodes éducatives très particulières pour l’aider à mieux fonctionner. Sans la mise en place de tous ces moyens, ni le diabétique ni l’enfant souffrant d’un TDA/H ne pourront contrôler son problème et fonctionner normalement.

Vous résistez à la comparaison ? Le diabète est une vraie maladie physique sur laquelle les enfants n’ont aucun contrôle, alors que le TDA/H n’est que « psychologique ", et est donc parfaitement « guérissable » par la simple volonté ? Détrompez-vous : le TDA/H est un trouble neurologique et physique. Les difficultés de concentration accompagnées ou non d’agitation physique pourraient bien provenir de l’immaturité ou du sous-développement d’une partie du cerveau appelé le cortex orbital frontal, situé juste au-dessus de l’œil droit. Cette partie du cerveau a pour fonction de contrôler les impulsions, la capacité d’attention et la résistance aux distractions, enfin le développement des habiletés sociales. Sous-développée, pour toutes les raisons abordées plus haut, cette zone cérébrale ferait la « paresseuse ». C’est pourquoi les médicaments utilisés pour alléger la problématique ne sont pas des calmants, comme plusieurs semblent le croire, mais bien des stimulants. Ces stimulants aident cette partie du cerveau à jouer son rôle plus efficacement.

Les enfants avec TDA/H peuvent avoir un cheminement scolaire tout à fait normal. Il faut néanmoins que les parents, avec l’aide de l’équipe soignante, appliquent les méthodes éducatives appropriées et au besoin, utilisent une médication selon l’ordonnance médicale, d’où l’importance de consulter en cas de doutes. Le défi supplémentaire dans le contexte de l’adoption internationale est que la majorité des symptômes du TDA/H peuvent être confondue avec un trouble ou un désordre de l’attachement, un syndrome d’alcoolisation fœtale, un trouble d’opposition ainsi que divers autres problèmes d’apprentissages.

 


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