De toutes les évaluations médicales en pré-adoption, ce sont celles d’Europe de l’Est qui, selon notre expérience, demandent le plus de travail aux équipes professionnelles consultées. De fait, les dossiers antérieurs y contiennent toute une terminologie nosologique inhabituelle pour le médecin occidental : « oligophrenia », « disbactériosis », « hydrocéphalic syndrome» et une série d’autres exemples qui peuvent paraître surréalistes à n’importe quel excellent médecin.
Aussi, des diagnostics apparemment sérieux y sont avancés et inscrits en bonne et due forme sans tenir compte de la réalité, simplement en raison du contexte social d’abandon. C’est comme si se confondaient maladie sociale et diagnostic médical. Il n’y a pas si longtemps, en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest, la maladie sociale était rapidement emballée sous un diagnostic médical, mais c’est encore malheureusement encore le cas dans plusieurs pays de l’Est.
En voici un exemple fréquent : ce diagnostic inscrit à tort dans les fiches médicales russes de « perinatal encephalopathia », et retrouvé dans plus de 60 % des propositions d’adoption en Russie, le plus souvent sans aucun lien avec une maladie cérébrale vérifiable chez l’enfant en question. Encephalopathia fait penser à encéphalopathie, terminologie réservée en pédiatrie aux enfants grandement atteints d’une maladie neurologique quelconque. Ainsi, des parents et des consultants moins expérimentés peuvent s’inquiéter à tort et bien inutilement.
Quelques orphelinats fournissent des dossiers en partie factices ou encore retravaillés à propos de certaines informations plus litigieuses, par exemple l’âge de l’enfant. Vous y trouverez même parfois des traces de crayonnage ou de liquide correcteur. Il ne faut pas imaginer un orphelinat comme un paradis des examens périodiques !
La plupart du temps, les examens des médecins des ambassades et les consultations pour opinion diagnostique dans les cliniques médicales privées internationales contribuent à mieux cerner l’état de santé de l’enfant. Plusieurs organismes ou œuvres d’adoption considèrent qu’il est de leur responsabilité de fournir aux parents un portrait détaillé de la situation, avec photos, dossiers médicaux, et même vidéos. Ces organismes offrent parfois aux parents de réaliser des épreuves sanguines non prévues par les autorités d’immigration, un test de VIH par exemple, qui n’est pas un pré-requis à l’immigration dans plusieurs pays d’accueil.
En terminant, nous vous fournissons ici quelques exemples d’éléments historiques ou visuels qui pourraient être autant d’alertes rouges signifiant que l’enfant à adopter est, ou non, un candidat pour l’adoption dite à particularité, une adoption possible donc, mais pas par n’importe qui, ni par n’importe quelle société d’accueil:
Cette liste a été élaborée à partir du travail de Dana Johnson, pédiatre au Minnesota. Elle peut être rappellée à votre mémoire lors de l'évaluation concrète de la proposition d'adoption. |