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LE CALENDRIER DE VACCINATION DE L’ENFANT ADOPTÉ  
Auteur: Jean-François Chicoine, pédiatre et Patricia Germain, infirmière
Source : Extrait de:"L’enfant adopté en quinze chapitres et demi"
Éditeur : Les Publications de l’Hôpital Ste-Justine
Date/pages : 2003

 La mise à jour du calendrier de vaccination d’un enfant adopté doit se faire en fonction des recommandations vaccinales du pays d’accueil et des vaccinations déjà reçues par l’enfant, attestées par ses documents personnels. Grâce au programme élargi de vaccination de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une majorité d’orphelins auront déjà bénéficié de quelques vaccins prioritaires. La plupart auront reçu le BCG, vaccin contre la tuberculose. Plusieurs auront reçu le vaccin contre l’hépatite B. Mais rarement ces enfants auront été vaccinés contre les oreillons et la rubéole, car ce ne sont pas là des vaccins régulièrement administrés dans les pays en développement.

 

 

Programme élargi de vaccination de l’OMS

 

 

 

Vaccin Hépatite B2

Âge

Vaccins

Schéma A

Schéma B

Naissance

BCG, VPO# 0

HB 1

 

 6 semaines

DTC# 1, VPO #1

HB 2

HB 1

10 semaines

DTC# 2, VPO# 2

 

HB 2

14 semaines

DTC# 3, VPO# 3

HB 3

HB 3

 9 mois

Rougeole, Fièvre jaune1

 

 

 

VPO : vaccin poliomyélitique oral

DTC : vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche

HB :   vaccin contre l’hépatite B

 

1.       Dans les pays à risque de fièvre jaune.

 

2.       Le schéma A est recommandé dans les pays où le virus de l'hépatite B est très souvent transmis à la naissance, par exemple en Thaïlande.  Le schéma B est utilisé dans les pays où la transmission périnatale du virus est moins fréquente, par exemple au Bénin.

 

 

 

 

En raison de programmes privés ou nationaux, les enfants coréens, colombiens ou guatémaltèques auront reçu, en plus, des vaccins contre l’Haemophilus influenzae de type B, parfois même contre la varicelle, selon les infrastructures financières et médicales de leurs orphelinats respectifs. Après une traduction appropriée, les vaccinations antérieures administrées dans le pays d’origine doivent être inscrites dans le carnet de santé du pays d’accueil, de manière à mieux permettre l’arrimage des unes avec les autres. Des difficultés d’ordre linguistique peuvent survenir. Comme le faisait remarquer la pédiatre française Nicole Guérin, un H et un B peuvent évoquer pour un médecin la composante Haemophilus influenzae, alors que dans de nombreux pays cette vaccination est inconnue et que ces deux lettres correspondent en fait à la vaccination contre l’hépatite B. Aussi, certains noms de maladies sont identifiables, certains autres sont impossibles à reconnaître.

 

Pour compléter l’immunisation de l’enfant, on doit entreprendre un programme de vaccination modifié, souvent accéléré, par rapport au programme habituellement offert  aux enfants du Québec ou d’Europe de l’Ouest. On retardera la vaccination en cas de graves problèmes de santé, devant la suspicion d’un VIH ou face à un certain degré de malnutrition. Au Canada, aux États-Unis e ten France, les vaccinations courantes visent à prévenir la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, l’infection à Haemophilus influenzae, l’hépatite B, la rougeole, la rubéole, les oreillons ainsi que la poliomyélite et, depuis tout récemment au Québec, le méningocoque de type C. Aux États-Unis, dans le programme d’immunisation recommandé, on administre aussi le vaccin contre la varicelle et, dans certains États de l’Ouest, le vaccin contre l’hépatite A. En France, on administre de routine le vaccin contre la tuberculose.

 

Contrairement à certaines idées transmises, notamment par les pédiatres américains, les vaccins utilisés dans le monde en développement sont de bonne qualité, bien conservés et administrés efficacement. Généralement, il n’est donc pas nécessaire de recommencer à zéro les immunisations lorsqu’un document certifie que les vaccinations ont été faites. D’ailleurs, une prise de sang peut confirmer que l’enfant a déjà été immunisé contre l’hépatite B s’il présente au dépistage sanguin des anticorps appelés anti-AgHBs.

 

Même si toutes les doses de vaccins requises sont inscrites sur les certificats de vaccination, l’attitude visant à considérer comme valables les vaccins reçus dans certains pays du monde s’est assombrie à cause de données sur la qualité de la protection immunitaire d’enfants adoptés en Hollande et aux États-Unis, et venus d’Europe de l’Est et de République populaire de Chine. Les taux de protection rapportés étant alors nettement inférieurs à ceux qui étaient attendus, plusieurs médecins ont par la suite recommandé aux parents adoptants d’ignorer le carnet d’origine et de revacciner d’emblée leurs protégés. Cette attitude nous paraissant excessive, surtout en présence de données de recherche relativement modestes, nous avons plutôt pris l’habitude d’adapter individuellement nos décisions sur les immunisations à réitérer ou à respecter et ce, dans l’attente d’un nouvel éclairage scientifique. Nous reprenons l’immunisation à zéro quand un enfant vient d’un orphelinat russe, là où il risque d’avoir connu de dures conditions d’existence qui supposent des conditions de conservation ou d’administration inappropriées pour les vaccins. Par ailleurs, si l’enfant a été immunisé en bonne et due forme en Corée, en Colombie ou même dans plusieurs institutions chinoises de Canton ou du Guangxi, nous respectons ses injections passées.

 

Toutefois, en l’absence de document du pays d’origine ou de cicatrice vaccinale signifiant un BCG antérieur, ou devant un carnet étranger apparemment rempli à la sauvette, nous considérons l’enfant comme n’ayant reçu aucune vaccination. Il faut alors débuter ou réitérer aussitôt que possible tout le programme vaccinal. C’est une situation à laquelle il faut s’astreindre: on multipliera les piqûres, mais les inconvénients s’arrêtent habituellement là.

 

Les principaux vaccins recommandés au sein des programmes d’immunisation de base des pays d’accueil méritent qu’on s’y attarde. Ces recommandations sont susceptibles de varier dans les prochaines années en fonction des données épidémiologiques et des coûts reliés aux programmes de santé publique. Au moment d’écrire ces lignes, le vaccin de la varicelle et celui contre le pneumocoque conjugué sont régulièrement administrés aux États-Unis, mais pas encore en France ni dans la plupart des provinces canadienne, malgré une documentation scientifique établie.

 

 

 

 

 


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