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LES RETARDS DE CROISSANCE EN ADOPTION INTERNATIONALE  
Auteur: Jean-François Chicoine, pédiatre, Québec, Canada
Source : Extrait de "L’enfant adopté en quinze chapitres et demi"
Éditeur : Les Éditions de l’Hôpital Ste-Justine, Québec, Canada
Date/pages : 2003

Plus que toute autre réalité médicale, le retard de croissance affecte l’enfant nouvellement adopté.  De fait, près d’un enfant sur deux, à sa première visite médicale, démontre une taille sous le 5e percentile de croissance.  C’est beaucoup.

 

Les diagnostics de retard de croissance intra-utérin et de malnutrition protéino-énergétique chronique expliquent la majeure partie de ces petites tailles.  Il suffit souvent d’à peine quelques mois de nourritures riches et variées pour que la courbe de croissance prenne enfin une tangente positive.  L’enfant de 18 mois, par exemple, commence par prendre du poids, s’arrondit au point d’inquiéter ses parents lipophobes, puis finit par pousser, s’allonger et grimper dans ses percentiles.

 

Au manque de calories on associe aussi le manque d’attention, comme facteur explicatif à la petite taille.  Certains enfants délaissés ont tellement souffert qu’ils ont arrêté de grandir et de grossir.  Cette impressionnante influence de l’affectif sur le physique s’appelle le nanisme psycho-affectif.  Vous rappelez-vous cet enfant du Tambour, le roman de l’Allemand Günter Grass ? Abandonné à son propre sort, il provoquait le monde avec sa grande petitesse.  On explique le nanisme psycho-affectif, en partie du moins, par un déficit en hormone de croissance.  La récupération, à l’aide de quelques bons repas, est absolument spectaculaire lorsque l’enfant se retrouve dans un milieu aimant, stimulant et chaleureux.

 

En guise d’explications à une petite taille qui persiste, rappelons-nous la possibilité que l’enfant soit petit en raison de facteurs génétiques, ethniques, environnementaux ou médicaux.  Les enfants haïtiens, somaliens ou originaires de Chine du Nord sont en moyenne beaucoup plus grands que ceux venus d’Asie du sud-est ou des provinces chinoises du Guangdong ou du Hunan.  Les Chinois du Nord, qui sont plutôt grands, font décidément mentir l’expression « petite chinoise » et se moquent d’ailleurs des Cantonnais au Sud, en les taxant de peanuts.  

 

Des mois et des années plus tard, la majorité des enfants adoptés auront gagné leurs jalons : des percentiles de croissance tout à fait comparables à ceux des enfants qui n’ont pas souffert autant qu’eux.

 


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