Le retard intellectuel n’est pas une maladie mentale. La maladie mentale affecte les volets comportementaux et affectifs de la personne, sans affecter le fonctionnement intellectuel de cette dernière, et ce n’est pas le cas pour les retards mentaux. Le retard intellectuel est un état permanent qui se montre dans la petite enfance, qui devient carrément plus évident vers l’age de 6 ou 7 ans et qui se manifeste toujours avant l’âge de 18 ans. L’enfant qui souffre d’un retard intellectuel a un niveau de fonctionnement intellectuel inférieur à la moyenne des autres enfants de son âge. Il montre aussi des difficultés à s’adapter dans la vie quotidienne, que ce soit dans sa façon de communiquer, d’exécuter ses soins personnels ou des tâches domestiques, dans sa façon d’entrer et d’être en relation avec les autres, enfin dans son autonomie. Le déficient intellectuel éprouve de grandes difficultés à fonctionner dans un milieu comme l’école ou encore le travail. C’est une expérience terrible pour ses parents adoptants.
Les causes des retards intellectuels sont nombreuses. Elles peuvent être reliées à la vie intra-utérine de l’enfant, à une maladie génétique comme la trisomie 21 ou encore aux agressions subies par le fœtus durant la grossesse, par exemple par la rubéole, la malnutrition maternelle ou la consommation d’alcool. Les complications lors d’un accouchement, et qui plus est dans des conditions de solitude ou d’insalubrité, telle l’hypoxie chez le bébé, peuvent entraîner des dommages au cerveau qui seront responsables d’un retard intellectuel. La malnutrition prolongée d’un nourrisson, des infections telles que la méningite, les accidents et les traumatismes crâniens, ainsi que les abandons extrêmes, peuvent aussi être des causes de retard intellectuel.
L’évaluation d’un retard intellectuel n’est pas qu’une affaire de quotient intellectuel communément appelé Q.I.. Différentes conditions médicales associées ou contributives, comme la surdité doivent être prises en compte. Avant l’évaluation, il faut aussi s’assurer que l’enfant a des capacités de communication : il doit être en mesure d’entendre, de comprendre de petites consignes et de s’exprimer. Le Q.I. est une façon d’évaluer, c’est une photo à un moment précis dans le temps et dans un angle bien précis. L’intelligence n’est ni totalement définissable, ni totalement mesurable, en fait, elle est un peu insaisissable. Un enfant qui manque d’intelligence se distingue toutefois des autres : son langage, ses acquisitions, ses réponses ne sont pas ceux attendus. C’est un enfant qui crie beaucoup ou encore c’est un enfant passif. Mais c’est surtout un enfant, dans le contexte de l’adoption internationale, à qui il faut donner, dans les mesures de la réalité, encore quelques chances. Pourquoi ? À cause de l’abandon, toujours lui.
Ainsi, le développement cognitif est directement en lien avec les privations de soins et de nourriture dans la période précédent l’adoption. Une étude menée par un groupe de chercheurs canadiens du Manitoba, Ames et ses collaborateurs, auprès d’enfants institutionnalisés en Roumanie, a démontré que la qualité des soins reçus pendant les semaines, les mois et parfois même les années d’institutionnalisation sont d’une importance décisive pour le développement des capacités intellectuelles de l’enfant. Une autre étude menée en Angleterre par l’équipe de Rutler a révélé que l’âge d’entrée dans le pays d’accueil pouvait prédire le niveau de fonctionnement de l’enfant. Moins l’enfant avait subi de privations, plus il avait de chances d’être intelligent. |
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